Chronique d’une bouche de métro ordinaire

Un sans abri…

Chronique d’une bouche de métro ordinaireParis, le 24 octobre 2008 vers 8h45, dans la rue de Rennes…Paris 6ème…

Ce matin en allant au travail depuis la gare Montparnasse jusqu’à la rue de Vaugirard, j’ai vu un homme de la rue dormant sur une bouche de métro où il bénéficiait d’un souffle d’air chaud par cette journée d’automne relativement fraîche. Je ne distinguais que son jean et ses chaussures. Mon regard était attiré par une partie de son sac de couchage qui ondulait comme une voile gonflée par le vent… je me suis arrêté net, interloqué. J’ai supposé qu’il y avait passé la nuit… je dois vous avouer que je suis resté médusé par cette image bien réelle de cet être humain… plongé dans un sommeil artificiel. Tout le monde passait sans le regarder comme si nous étions « habitués » à cette vision, comme-ci cela était banal, comme-ci cela était normal !

J’ai repris la route en m’arrêtant au moins 4 fois tout en le regardant, allongé là… j’hochais la tête, sans mot dire, pensant intérieurement « mais que puis-je faire pour cet homme ? » Prier pour lui, ok mais encore ? car il a certainement froid, faim, sa vie est en dérive comme une bateau sans gouvernail sur une mer démontée. Pour un jour, on ne sait quand, s’échouer définitivement et mourir. Je suppose qu’il est aidé par les nombreux services sociaux de Paris, par certaines associations humanitaires (Croix Rouge, SAMU social, Les Enfants de Don Quichotte, Les Restos du Cœur, etc.) mais moi, Vincent, en tant qu’individu touché par cette image concrète et palpable, qui puis-je faire pour venir en aide à cet homme ?

Des hommes et des femmes de la rue, j’en croise tous les jours et j’aide de mon mieux mais là, je dois avouer que je suis resté choqué. Bien qu’ayant approché de près la misère humaine lors de mes pérégrinations africaines, j’ai été choqué par le fait de ne rien pouvoir faire, de ne pas pouvoir agir immédiatement pour venir à son secours et l’aider d’une manière intelligente et pratique ! Des sommes gigantesques sont déversées pour le renflouement des banques en ces temps de crise mondiale, cela est nécessaire, mais que fait-on pour ces personnes ? Que fait-on pour toutes les autres en devenir d’une telle situation insupportable et inadmissible ? Je ne parle pas de tout ce qui est déjà effectif, de ce qui existe, de ce qui est mis en place et qui sauve bien des vies, mais pour cet homme-là, qui était devant moi, que fait-on pour le sauver aujourd’hui ? Maintenant ? Tout de suite ?

Rien ! Je reste encore marqué par mon impuissance. 

Certes, nous pouvons aider par une aide alimentaire, par des dons divers, par nos paroles réconfortantes mais nous devrions pouvoir venir en aide à autrui par des actes de solidarité et de bienfaisance dans de telles situations d’urgence. En effet, je pense que cela ne devrait plus exister, du moins, plus dans nos sociétés occidentalisées et dites modernes, sociétés « riches et développées » où il y a tant de gaspillage… Proverbes 28:27 « Celui qui donne au pauvre n’éprouve pas la disette, Mais celui qui ferme les yeux est chargé de malédictions. » 

Amis lecteurs, comme nous le faisons fort modestement au sein de notre association à Chartres (28), faisons tout notre possible, en fonction de nos moyens financiers, humains et de nos capacités d’accueil, pour développer des actions sociales dans nos assemblées. S’il le faut, associons-nous en groupes d’Eglises ou d’associations culturelles pour que les plus grands soient solidaires des plus petits afin d’être plus fort ensemble.

Je sais que rien ne se construit en un jour car selon la Parole de Dieu dans 2 Chroniques, Salomon a mis vingt années, vingt longues années d’un travail minutieux et précieux pour bâtir la maison de l’Eternel selon Ses consignes, sur la montagne de Morija. Il commença à bâtir le second jour du second mois de la quatrième année de son règne mais il réussit à atteindre le but fixé par notre Seigneur. Et nous, quand allons commencer à bâtir et développer des actions humanitaires dignes de ce nom ? Esaïe 58:7 « Partage ton pain avec celui qui a faim, Et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile ; Si tu vois un homme nu, couvre-le, Et ne te détourne pas de ton semblable. » 

Chaque année, des dizaines de sans-abris meurent dans nos rues, particulièrement dans les grandes agglomérations…des centaines sont sous des tentes aux Etats-Unis jetés sur le macadam sous l’effet des « subprimes » (des crédits hypothécaires consentis à des emprunteurs peu solides), alors que nous les croisons parfois sans pouvoir agir ! Il y a urgence, passons à l’action et unissons nos efforts afin de ne pas nous épuiser trop rapidement car la tâche est immense ! Mes amis, soyons des modèles à l’exemple du Fils du Dieu vivant Matthieu 16:16 « Simon Pierre répondit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ».

Ah, oui, j’oubliais, il n’était plus là lors de mon retour à la gare vers 17h05. Je suppose que la pluie l’a dérangé ou qu’on lui a demandé de laisser le passage libre… ou alors, il est tout simplement allé se mettre à l’abri, ailleurs, dans un autre endroit, chaud…

Bien fraternellement à toi.

Vincent Guillemoteau

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Une réponse à “Chronique d’une bouche de métro ordinaire”

  1. Elisabeth D. dit :

    Je me pose souvent les mêmes questions sans trop savoir non plus comment faire concrètement, sinon en participant à une collecte ici ou là.

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